
Name: Anne-Sophie
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Expo sur le dessinateur Crumb
May 19th, 2012Immense talent au génie incontestable (dommage que le LSD ait fait quelques dégâts !), Robert Crumb est un emblème de la contre-culture américaine. Accueilli pour la première fois en France au musée d’Art moderne, le dessinateur à la carrière fulgurante nous livre ses œuvres, ses angoisses et ses fantasmes, univers singulier qu’un coup de crayon magique couvre malgré tout d’esthétique. Son humour sarcastique, au-delà des thèmes, réussit à provoquer le rire ou le sourire.
Robert Crumb
Né en 1943 à Philadelphie, Crumb a révolutionné la bande dessinée. Il se publie lui-même dès 1968, dans sa propre revue Zap Comix qu’il vend dans les rues de San Fransisco. Il se fait très vite remarquer avec son style provocateur, soulevant sans pudeur les tabous et mettant à nu ce que chacun souhaite maintenir caché : l’amour, le sexe, la drogue et la violence. C’est une première qui le rendra célèbre. Son imaginaire débridé produit alors ses fameux personnages qui ont traversé les décennies : Mr. Natural ; Fritz the Cat, le chat libertin ; Flakey Foont, le névrosé ; Whiteman, le frustré ou sa série de femmes perverses ou démoniaques… En chacun se retrouvent certains attributs de Robert Crumb lui-même : complexité, immoralité, esprit tantôt dépressif tantôt arrogant. Pas très sympathique ce monsieur Crumb, plutôt dévié ! Mais il a un don qui le porte au sommet de l’art.
En 1968, il réalise la pochette de Janis Joplin et propulse sa carrière. De grands noms du rock et du spectacle le sollicitent, mais il n’en fait qu’à sa tête, respectant une sorte d’intégrité qui le porte à ne suivre que ses désirs et ses empathies. Cette même intégrité lui fait fuir les circuits de distribution.
En 2009, après 4 ans de travail, Crumb dessine la Genèse, respectant à la lettre le texte de la Bible, virage surprenant, presque invraisemblable, qui rencontre un succès incroyable (publié en 17 langues).
Peu importe les critiques, les scandales, la censure, Robert Crumb trace son chemin avec humour et dérision, noirceur et grossièreté, et demeure libre, dans ses pensées comme dans ses dessins. Il a refusé toute dépendance dans un anticonformisme résolument autonome, fruit également d’un univers quelque peu tordu. On peut ne pas aimer la personnalité ou l’atmosphère de ses dessins, caricature d’une Amérique en déclin ou obsessions choquantes, mais l’artiste a un tel don et une telle authenticité, son écriture et sa maîtrise du dessin sont si forts que ses œuvres, quoi qu’elles communiquent, vous collent. On admire et on respecte !
Depuis 1991, il vit dans un petit village du sud de la France où il continue de dessiner.
L’exposition
Plus de 700 dessins, de 1960 à nos jours, carnets de croquis consultables sur tablettes tactiles, plus de 200 revues, des pochettes de disques, un documentaire datant de 1994… un ensemble impressionnant pour une rétrospective chronologique qui rend compte de la vie et de la personnalité du grand dessinateur, ses thèmes favoris, son approche crue du monde moderne représenté en toute liberté et sans compromis.
Crumb de l’Underground à la Genèse, jusqu’au 19 août 2012, musée de l’Art moderne de la ville de Paris, 11, avenue du président-Wilson, Paris 16e. Tél. : 01 53 67 40 00
Exposition Berthe Morisot
May 16th, 2012Première femme impressionniste, femme affirmée d’une beauté mystérieuse, cette grande figure de la peinture, à la maîtrise reconnue de ses contemporains, méritait une exposition retraçant son parcours exceptionnel. Paris n’avait pas eu le plaisir de contempler les œuvres de Berthe Morisot depuis 1941. Lacune et absence à rattraper jusqu’au 1er juillet 2012 au musée Marmottan.
Berthe Morisot
Immortalisée par Edouard Manet qui a su la représenter en une image forte qui révèle une personnalité ambigüe, mettant en évidence un caractère volontaire et indépendant opposé à la tradition bourgeoise. Dans son milieu, les femmes ne travaillent pas et sont confinées au rôle d’épouse, de mère et d’hôtesse. Certes Berthe Morisot a respecté une partie de son statut mais nul ne pouvait stopper sa créativité. Encouragée par sa mère, Berthe a le privilège de suivre des cours de dessin mais elle dépasse très vite l’intention première très sociale et démontre un talent qui la conduit dans la sphère de l’art. Elle fréquente les peintres d’avant-garde dont Edouard Manet, le chef de file du nouveau mouvement. Plongée dans leur idéal qu’elle partage, amoureuse de la lumière, elle pose pour les hommes peintres mais finit par s’imposer avec maestria derrière le chevalet. Edouard Manet est profondément troublé par son tempérament si particulier et le don qui l’anime. Il l’a peinte tout en la poussant à exprimer son incroyable talent. Elle sera sa muse même s’il fait en sorte qu’elle épouse son frère Eugène, rompant ainsi une relation équivoque. Edouard Manet a largement contribué à la carrière de Berthe Morisot mais rien n’aurait été possible sans le génie pictural de sa belle-sœur, sa dextérité, sa maîtrise des couleurs et des cadrages, ses effets de matière et la légèreté de son pinceau. Berthe, seule femme au tableau, expose avec les impressionnistes. D’un caractère perfectionniste et marginal, elle livre une œuvre claire et lumineuse où les scènes heureuses se multiplient. Tout n’a pas été simple tant les critiques se sont abattues sur cette femme trahissant sa condition. Berthe se bat et persévère, supportée par un mari qui n’hésite pas à financer ses expositions… et s’impose comme peintre impressionniste. La maternité ne l’arrêtera pas, elle exploitera alors le thème de l’enfance dans de nombreuses toiles. Peu de femmes artistes ont ainsi réussi à percer dans une société réprobatrice. Berthe Morisot rentre au musée de son vivant.
L’exposition
Le musée Marmottant a reproduit son parcours dans sa totalité, ses débuts en tant qu’élève de Corot, ses copies des grands maîtres, ses portraits, ses paysages, ses pastels ou ses aquarelles. 150 pièces sont réunies en une rétrospective où l’on découvre avec bonheur les tonalités diverses de sa peinture légère ou énergique et un monde transcendé par le prisme de la couleur. Beaucoup de tableaux sont sublimes et communiquent un univers unique. Berthe Morisot n’est pas une pâle figure du mouvement impressionniste, elle est un peintre impressionniste à part entière, à vénérer comme les grands maîtres.
Berthe Morisot, jusqu’au 1er juillet 2012, au musée Marmottan, 2, rue Louis-Boilly, Paris 16e
Montmartre
May 13th, 2012Le célèbre village de Paris et des artistes a subi une corruption commerciale et touristique qui a certes détruit une partie de son charme. Mais l’âme et l’architecture demeurent, au-delà de l’invasion débridée d’une société abusive de consommation. Maints coins et recoins préservés vous plongeront encore dans une atmosphère où règnent l’art et la bohème. Profitez des visites organisées collectives, les samedis et dimanches à 14 h 30, ou individuelles pour les découvrir. Réservations obligatoires auprès d’Alain : 06 33 11 43 11 43 00.
Une brève histoire de Montmartre
Le nom de Montmartre, dérivation au travers des siècles de « martyrs », porte l’histoire tragique et l’injustice qui ont ensanglanté la butte. Durant l’Antiquité, le mons Mercurii accueillait le culte du dieu romain Mercure. La légende raconte que sur cette colline, Saint Denis et ses deux compagnons venus évangéliser la Gaule du Nord furent arrêtés, torturés et décapités par les romains, premier épisode d’une longue série d’exécutions et de martyrs. Au 9e siècle, une petite chapelle Sanctum Martyrium sera construite en hommage à ces malheureux. C’est ainsi que le « mont de Mercure » devient le « mont des Martyrs » qui se transformera ensuite en « Montmartre ».
Des carrières et galeries ont été creusées pour extraire le gypse des sous-sols de la colline. Elles deviendront le refuge de nombreux révolutionnaires. L’histoire sanglante continue et atteint le faîte de la violence lors de l’écrasement de la « Commune ».
Oublions ce sordide héritage et regardons l’image profonde de Montmartre, ses cabarets, ses lieux de divertissements et surtout les ateliers des artistes, mémoire créative et constructive dont l’empreinte a perduré.
Montmartre a longtemps été une campagne, jusqu’à la Première Guerre mondiale, tremplin historique où le village change avec l’arrivée des artistes, peintres, dessinateurs, sculpteurs, poètes et écrivains de toute sorte. La lumière y est parfaite et les loyers sont acceptables. La place du Tertre garde aujourd’hui ce souvenir culturel. De nombreux artistes y cultivent une tradition même si la séduction des touristes est la motivation nouvelle. Peu importe…, le charme, la créativité et l’esthétique sont là sous une luminosité exceptionnelle. De grands artistes plus récents ont laissé une partie de leur âme en ce lieu magique : Picasso, Georges Brassens, Claude Nougaro, Dali ou Jean Marais… Visionnez le chef-d’œuvre cinématographique Amélie Poulain pour goûter l’atmosphère si particulière de Montmartre.
Bon à savoir
L’ambiance villageoise va s’emparer de Montmartre du 25 au 28 mai 2012, sous la forme d’un marché de rue. Le Périgord arrive avec une quarantaine de producteurs qui vont proposer leurs produits d’un terroir français bien traditionnel. Amoureux de la vraie gastronomie française, surtout ne pas rater ce rendez-vous au Square Nadar et dans la rue Azais.
Le dimanche 3 juin 2012, le Syndicat d’initiative organise des animations pour les enfants de 6 à 10 ans, à l’occasion de la Fête des Mères. Ambiance familiale et villageoise assurée. Inscription sur catherine@montmartre-guide.com. Participation : 3 euros par enfant.
Et bien sûr, 11, rue Poulbot, à l’Espace Dali Montmartre, exposition permanente de 300 œuvres de Salvador Dali, dessins, lithographies et la plus grande collection en France de ses sculptures, ou comment revivre le vrai Montmartre.
Garbage à l’Olympia
May 10th, 2012Mercredi 16 mai 2012 à 20 h 00, à l’Olympia, une salle qui affiche déjà complet et l’espoir de quelques places supplémentaires mais surtout de nouvelles dates… ! Garbage est de retour avec une nouvelle tournée et un nouvel album, après 7 années d’absence ! C’est l’événement. Oui, la France qui a récompensé le groupe à plusieurs reprises dans le passé va se précipiter dans les bacs le 15 mai, date de la sortie annoncée de Not Your Kind of People. Oui, bien des fans vont déplorer ne pas pouvoir assister au show live. Leur long silence n’a en rien entaché leur popularité, et le désir de savoir où ce groupe inventif s’est dirigé cette fois-ci amplifie l’émotion intense des retrouvailles avec des créateurs musicaux hors normes. Garbage, pour ceux qui ont plongé avec passion dans cet univers sonore si particulier, est un must aux sensations fortes qui collent à jamais.
Garbage, c’est avant tout deux musiciens, Butch Vig et Steve marker, qui se sont rencontrés en jouant pour un groupe local, Spooner, qu’ils quittent dans les années 80 pour se lancer dans l’enregistrement et la production avec leur propre label Smart Studios. Leur réussite incroyable est la marque des génies aux multiples facettes et à la créativité constante. En 1991 ils produisent Nevermind de Nirvana, immense succès planétaire qui les monte au pinacle. Stars de l’enregistrement, ils n’abandonnent pas pour autant leur propre musique et fondent même un groupe que Duke Erikson rejoint en 1993.
En 1993, le trio embauche celle qui fera la gloire du groupe et son originalité, la chanteuse emblématique et charismatique, Shirley Manson, repérée sur le clip d’un groupe écossais. Sa voix, son look et son étrange personnalité créent immédiatement un impact que supportent les créations musicales recherchées et subtiles des fondateurs. Garbage est né sur un rock alternatif mêlé d’électronique, nouveau son accueilli plus que favorablement par le monde entier.
Quatre albums jalonnent leur parcours : Garbage en 1995, rock sombre et mélodies pop ; Version 2,0, orienté électronique, en 1998 ; Beautiful Garbage en 2001, très éclectique ; et Bleed Like Me en 2005 avec un retour au son rock. Autant de succès internationaux qui ont fidélisé un public de plus en plus large et avide de leurs nouvelles trouvailles. Leur retrait sans commentaires nous a tous tenus dans une attente impatiente d’un retour. Les revoilà enfin !
Bravo à ceux qui auront la chance d’assister à leur spectacle. Quant aux autres, demeurez optimistes et espérez d’autres dates. Et pour chacun, rendez-vous le 15 mai dans les boutiques !
Olympia Bruno Coquatrix, 28, boulevard des Capucines, Paris 9°. Tél. : 08 92 68 33 68
Degas et le nu au Musée d’Orsay
May 7th, 2012Le must parisien actuel, la riche exposition Degas et le nu attire un public nombreux, atteignant parfois des pics où il est nécessaire de faire la queue pour admirer les chefs-d’œuvre. Mais il est vrai que la pure extase est au rendez-vous de cette chronologie couvrant cinquante ans de carrière. La dernière rétrospective datait de 1988 au Grand Palais. Peinture, dessins, estampes, sculptures et pastels déclinent un parcours, demeuré secret de ses contemporains, qui se détache petit à petit de l’académisme pour traduire le mouvement et une conception pionnière du nu.
Edgar Degas, peintre avant-gardiste (1834-1917) aux multiples facettes, d’une intransigeance et d’une intelligence exceptionnelle, célèbre pour ses danseuses ou ses courses de chevaux, s’est également illustré dans l’art du nu tout au long de sa vie. S’il débute sur l’inspiration classique des maîtres comme Ingres et Delacroix, avec de remarquables copies d’antiques, il se laisse ensuite influencé par les naturalistes qui recherchent la vraisemblance au travers de l’observation. Ses nus se teintent alors du réalisme de la vie quotidienne : femme nues se baignant ou se coiffant. Puis, sur la fin de sa vie, de son étude expérimentale émerge un nouveau style et les dessins grands formats de Degas captent avec dynamisme le mouvement des corps et les jeunes filles pré-pubères. Les nus de Degas indiquent une évolution technique et plastique impressionnante. Certaines toiles novatrices pour l’époque nous rappellent Matisse ou Picasso. Le thème répétitif du bain prédomine et culmine avec cette oeuvre magnifique exposée au Musée d’Orsay, Après le bain, peinte en 1896, à dominante rouge, corps las et vulnérable qui se contorsionne avec douleur et volupté. Quel génie du trait, quelle vision à la fois sensuelle et complexe du corps, dans des angles déconcertants et originaux, avec parfois un parfum de débauche lorsqu’il pénètre les maisons closes.
Cette exposition revisite le chemin quelque peu tortueux de Degas dans le domaine de la chair mais où la perfection surgit par des prouesses techniques hors du commun. Passionnante, esthétique, didactique, splendide… tous les attributs sont présents et justifient l’immense succès de cette présentation.
Degas et le nu, jusqu’au 1e juillet 2012. Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’honneur, Paris 7e. Tél. : 01 40 49 48 14. Tous les jours sauf le lundi de 9 h 30 à 18 h 00. Entrée : 12 euros
Le palais de Chaillot
April 22nd, 2012Chaillot était autrefois un petit village sis sur une colline. La reine veuve, Catherine de Médicis, y fait construire une maison de campagne, avec jardins et terrasses exploitant les pentes naturelles descendant jusqu’à la Seine. Plusieurs propriétaires se succèderont qui aménageront la demeure, l’agrandiront et au 17e siècle la maison devient un véritable château. Transformé peu après en couvent par des religieuses, bien sûr détérioré sous la Révolution, il ne reprend son évolution que sous Napoléon. L’empereur veut un grand palais impérial pour y accueillir non seulement sa famille mais également la haute noblesse, des artistes et des scientifiques. Quelques travaux commencent mais le projet n’aboutit pas en cette période de guerres stupides et de défaites. Charles X, le successeur de Louis XVIII, est à l’origine d’un nouvel épisode. Il lance un projet, lui aussi avorté, pour célébrer la prise du fort espagnol du Trocadéro, projet qui tourne au ridicule lorsque qu’un simple fort en carton-pâte est installé pour commémorer la victoire lors de festivités.
1869 marque une date importante : la place du Trocadéro voit le jour sur la colline, même si son nom n’est officiel qu’en 1877. L’Exposition universelle de 1878 est l’occasion de compléter le nouveau paysage avec la création du palais du Trocadéro, imaginé sur un style mauresque par le célèbre architecte Gabriel Davioud, et destiné à recevoir congrès et concerts au sein de sa rotonde parée de deux tours et deux minarets, avec à l’époque une pléthore de sculptures. Sa mutation en musée durera ensuite plus d’un demi-siècle.
Une importante partie de l’édifice est détruite en 1937, toujours pour une Exposition universelle, et est remplacée par un nouveau bâtiment qui conserve cependant les deux ailes. Un immense parvis recouvrant un théâtre, l’actuel théâtre national de Chaillot, et deux nouveaux pavillons que surplombent de gigantesques sculptures représentant l’art et l’industrie, prolongent l’ensemble. Du calcaire doré est alors utilisé pour magnifier le palais.
Depuis, le palais de Chaillot a hébergé de nombreux musées et on y trouve aujourd’hui le musée de l’Homme, le musée de la Marine et la fameuse Cité de l’architecture et du patrimoine si innovante dans ses expositions. Tout l’environnement est un lieu privilégié qui accueille parisiens et touristes, particulièrement l’été, pour une détente que favorise toute l’esthétique de l’endroit. Voilà un merveilleux endroit qui mérite plus d’un détour !
Paris 16e. Métro : Trocadéro.
Expo Helmut Newton au Grand Palais
April 20th, 2012Photographe de renom, disparu il y a huit ans lors d’un tragique accident, Helmut Newton se distingue par un style original et explosif qu’une carrière exceptionnelle a entériné. Deux cent clichés sont exposés jusqu’au 17 juin 2012 au Grand Palais qui lui offre un écrin parfait. La mode comme la photographie selon Helmut Newton est une vision unique où le vêtement se mêle au nu esthétique. L’imaginaire et la sensualité dessinent le corps de la femme avec une liberté que certains pourraient qualifier de licence perverse mais dont l’esthétique incontestable fascine et attire un public nombreux et totalement séduit.
Originaire d’Allemagne, Helmut Neustädter s’initie très jeune à la photographie, auprès de la célèbre Yva qui lui apprend l’univers de la mode et du nu. Il quitte son pays pour fuir le nazisme et s’engage dans l’armée australienne. Il change alors de nationalité et modifie son nom pour celui de Newton. Vers 1957, il s’installe à Paris où il fait une immense carrière, sollicité par les plus grands magazines comme Vogue ou Elle. S’il soulève le scandale et est fortement critiqué, il n’en devient pas moins une icône de la photo de mode.
Sexe, argent et pouvoir peuvent submerger certains spectateurs, et c’est vrai que Newton est allé un peu trop loin. Mais sa vision de la femme qui, de prime abord, pourrait sembler dégradante donne au sexe féminin une puissance esthétique telle que l’admiration et la reconnaissance de la beauté communiquent également un ravissement sincère du photographe. Oui, ses images sont parfois très osées mais elles touchent au sublime et au grand art. Les corps magnifiques aux postures très étudiées, sur fond révélant la qualité raffinée de l’artiste, vont faire fantasmer certains mais d’autres apprécieront simplement le niveau esthétique, la créativité et le talent. Helmut Newton, à la réputation internationale, a apporté sa propre révolution au monde de la photographie professionnelle.
Ses photos sont autant de flashs intenses qui s’emparent de votre univers et de votre imaginaire. On ne résiste pas, même si on peut déplorer une déviation évidente vers le sexe, porteuse d’un laxisme parfois irritant. Séries de mode, portraits et nus vont cependant vous emporter dans des sphères de beauté impressionnantes. On ne se lasse pas de contempler tant chaque détail est travaillé. Beaucoup de photos sont de véritables chefs-d’œuvre. Vigilance cependant, l’esthétique, particulièrement à ce niveau, est une longueur d’onde qui peut accrocher vos propres images ! Regardez, savourez, mais pas de copier/coller aberrant, nous sommes juste dans le domaine de l’art !
Galeries nationales du Grand Palais, Paris 8e ; Galeries Sud-Est. Tél. : 01 44 13 17 17. Tous les jours sauf le mardi de 17 h 00 à 20 h 00. Entrée : 11 euros
Exposition Bob Dylan
April 17th, 2012Cinq années capitales ont bâti la renommée internationale de la star du folk rock, Bob Dylan. Cinq années hors du commun et sept albums qui ont révolutionné sa carrière. Une exposition retrace cette aventure incroyable qui s’étend de 1961 à 1966, autour d’une soixantaine de photographies en noir et blanc de Daniel Kramer qui a suivi la légende du rock pendant un an.
Bob Dylan débute à 20 ans, sort son premier album en 1962 et devient l’emblème d’une génération. 1966 marque une pause dans cette envolée avec son accident de voiture. Son écriture originale pose de nouveaux jalons, la musique populaire change à jamais. Bob Dylan, l’explosion rock 1961-1966 se concentre sur cette période d’une grande richesse et nous la fait revivre grâce à des manuscrits de chansons, des clichés, des archives audiovisuelles, des extraits de concerts, etc. Le mythe a certes duré, avec une trentaine d’albums studio et les célèbres 2300 concerts de son Never Ending Tour.
La présentation chronologique rappelle les influences qui ont marqué le style Dylan : Elvis Presley, Little Richard, Buddy Holly et Woody Guthrie, son idole, son mentor dont il détient une des guitares acoustiques, exposée également à la Cité de la Musique. Puis, avec l’émergence du folk et des chansons protestataires, une personnalité révolutionnaire impose avec force, séduction et charisme un style renouvelé qui comble les contemporains. L’inaltérable Like a Rolling Stone en 1965 résonne et emporte avec lui la décennie rebelle des sixties qui veut changer le monde et ses valeurs.
Une facette de son parcours nous émeut particulièrement, sa rencontre avec la France dans les années soixante, sa complicité avec Hughes Aufray ou le poème qu’il écrit pour Françoise Hardy ou encore son amitié avec Johnny Hallyday. L’exposition est ainsi remplie d’anecdotes et de surprises.
Le comble du bonheur est l’activité créée autour de l’exposition. Concerts, projections de films, documentaires et conférences nous font replonger dans l’univers de Bob Dylan. Syd Matters, Sophie Hunger, Moriarty et Herman Düne revisitent sa discographie et font vibrer avec talent la musique du grand artiste.
Bob Dylan demeure un génie incontournable de la scène musicale. L’exposition nous fait ressentir à nouveau l’émotion intense de ses mélodies et de ses paroles. Elle fait ressurgir une époque qui a définitivement modifié les valeurs et la culture au travers d’une période clef de la star. A visité, sans faute !
Jusqu’au 15 juillet 2012, Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Tél. : 01 44 84 44 84. Du mardi au samedi de 12 h 00 à 18 h 00, nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 22 h 00, le dimanche de 10 h 00 à 18 h 00. Entrée : 8 euros.
Théâtre
April 14th, 2012Harold et Maud de Colin Higgins au théâtre Antoine, Paris 10e
La pièce est un classique associé à de grands noms de la comédie française. Cette nouvelle version empreinte de tendresse et de joie de vivre peut rivaliser avec les précédentes. Line Renaud est parfaite dans le personnage de Maud, femme âgée que les épreuves n’ont en rien entaché son point de vue fondamental de la vie, au contraire, semble-t-il. Elle demeure positive et pétillante et va se charger de transmettre cette impulsion au jeune Harold, suicidaire et négatif. Un lien profond va les unir qui va servir de tremplin au garçon et lui faire surmonter l’austérité d’une société américaine bien perturbée. Cette rencontre exceptionnelle entre deux êtres que tout oppose tient de la magie, magie que le spectateur ressent et qui va également rehausser sa propre vie. Le metteur en scène, Ladislas Chollet, a joué de tous ses talents pour nous offrir un petit chef-d’œuvre.
Réservations au 01 42 08 77 71
Oh les beaux jours de Samuel Beckett au théâtre de la Madeleine, 19, rue de Surène, Paris 8e
Autre grand classique interprété fabuleusement par Madeleine Renaud dont le personnage de Winnie est aujourd’hui repris par Catherine Frot, l’excellentissime comédienne qui fait le bonheur de la scène et du cinéma français. Rôle difficile, monologue singulier auxquels Catherine Frot apporte une lumière et une subtilité nouvelles et absolument enthousiasmantes. Son jeu très varié est tout simplement parfait et restaure totalement cette œuvre quelque peu décriée. L’émotion qu’elle transmet porte le texte à des sommets poétiques et comiques tout en finesse. Certes le thème est difficile : la perte inéluctable et douloureuse de la jeunesse mais la comédienne dégage une telle force, son talent est tel, que le moment intense vécu vous imprègne de sensations esthétiques dépassant le sujet. A voir sans faute, ne serait-ce que pour admirer la prestation sublime de Catherine Frot.
Réservations au 01 42 65 07 09
Le palais de l’Elysée
April 11th, 2012Symbole du pouvoir pour les Français et dans le monde, le palais de l’Elysée abrite dans ses murs une histoire bien singulière.
Histoire du palais
Cet hôtel particulier était la propriété du comte d’Evreux, Henri de la Tour d’Auvergne qui, relevant un défi humiliant au sujet de son déclin financier, vend une partie de ses terres pour acquérir le terrain. L’architecte Armand Claude Mollet conçoit et construit la demeure. L’« hôtel d’Evreux »voit le jour en 1720 et accueille bientôt un grand bal. Deux plus tard, l’architecte Jules Hardouin-Mansart apporte sa touche subtile au décor. En 1753, le comte meurt et la marquise de Pompadour, favorite du roi Louis XV, rachète l’hôtel qu’elle fait embellir. Intérieur et extérieur sont ravalés, un potager est même créé, l’ensemble est somptueux. A sa mort, la marquise lègue sa résidence au roi qui préfère ne pas officialiser ainsi sa relation avec une maîtresse. Son refus est suivi d’un rachat pour un prix sous-estimé. L’hôtel héberge alors les ambassadeurs de passage puis, très vite, devant le peu de trafic, est réduit à un simple garde-meubles de la couronne. En 1773 il est revendu au banquier Nicolas Beaujon qui en fait un véritable palais, objet d’admiration. Louis XVI le rachète ensuite pour l’offrir à sa cousine la duchesse de Bourbon qui lui laissera son nom. L’hôtel, proche de l’avenue des Champs-Elysées, s’appelle désormais l’Elysée-Bourbon.
La révolution puis l’Empire dégradent le bel ouvrage dont les fonctions se diversifient : Imprimerie nationale, dépôt national de meubles, salle de jeux, cafés, bals populaires, feux d’artifice, théâtre de marionnettes, commerces, appartements à louer… La liste aussi impressionnante qu’éclectique ne réussit pas à atténuer le prestige des lieux. Le nouveau propriétaire, le prince Murat, en échange de son titre de roi de Naples, le donne à Napoléon qui souhaite en faire sa demeure personnelle. L’Elysée-Bourbon devient pour la première fois la résidence d’un chef d’Etat.
Le 20 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte y pénètre officiellement en tant que président de la République. Mais la détérioration des lieux ne favorise guère le nouveau statut. Napoléon III, maintenant empereur, choisit finalement les Tuileries. Le président de la III République, Adolphe Thiers, lui préfère également la préfecture de Versailles. Il a fallu attendre Patrice de Mac-Mahon qui, lui, s’installe dans l’hôtel, mais aussi sa disgrâce, pour qu’une évolution définitive marque l’Elysée-Bourbon. Le 22 janvier 1879, une loi est promulguée qui assigne le palais à la présidence de la République.
Le palais de l’Elysée, lieu du pouvoir
Les présidents se succèdent alors, aménageant et ornant le palais, porté au rang des plus beaux monuments de Paris. Chacun ouvre les portes à de nouvelles technologies : l’électricité, le chauffage central, des abris antiaérien et antiatomique… Le palais conserve cependant l’atmosphère et le style des Lumières.
Le palais possède environ 369 pièces dont 300 bureaux. Aujourd’hui, la salle des fêtes est le lieu des grandes réceptions et manifestations comme l’investiture ou la remise de la légion d’honneur. Le Conseil des ministres occupe le salon Murat. Le bureau du président est situé dans les anciens appartements au premier étage et sa superbe résidence privée au premier étage de l’aile côté rue de l’Elysée. Malheureusement, pour des raisons de sécurité, on ne peut visiter qu’exceptionnellement ce magnifique hôtel particulier… Dommage !




